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Déclaration de CPDEFM relativement à la Journée du 8 Mars en Côte d'Ivoire

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Le monde entier commémore le 08 Mars de chaque année comme la Journée Internationale des Droits des Femmes. Laquelle Journée tire son essence de la deuxième Conférence Internationale des femmes Socialistes en 1910 regroupant 100 déléguées venues de 17 pays au cours de laquelle l’instigatrice Clara Zetkin, proposa d’adopter une résolution pour organiser tous les ans, une Journée Internationale consacrée à la lutte des femmes. Cette décision s’appliqua en effet dès 1911 où des manifestations impressionnantes ont lieu en Europe et aux Etats-Unis.

Le 8 mars 1977, reprenant ainsi l’initiative communiste et à la suite de l’année internationale des femmes de 1975, l’Organisation des Nations Unies adopte une Résolution enjoignant aux Etats membres de célébrer une « Journée des Nations Unies pour les droits de la femme et la paix internationale » plus communément appelée par l’ONU « Journée Internationale des Femmes ».

Ainsi le thème retenu par l’ONU pour cette année 2020 est : «?Je suis de la Génération Égalité : Levez-vous pour les droits des femmes ». En Côte d’Ivoire, cette journée est célébrée autour du thème : « la promotion de la femme, un atout pour une paix durable en Côte d’Ivoire ».

L’Organisation des Citoyennes pour la Promotion et Défense des Droits des Enfants, Femmes et Minorités (CPDEFM) salue les efforts du Gouvernement ivoirien qui a consisté aux différentes réformes du Code Pénal, du Code de Procédure Pénale, de la Loi sur la succession, la Loi sur le mariage et la Loi sur la minorité. Ces réformes représentent en effet une avancée en matière de protection des droits des femmes en ce qu’ils qualifient mieux les éléments constitutifs du viol, reconnaissent le droit à l’héritage à la femme, le droit à la femme de faire porter son nom à son enfant, l’autorité parentale exercé par les deux conjoints (homme et femme) etc.

Bien qu’il y ait ces avancées sur le plan législatif, beaucoup reste encore à faire pour l’effectivité des droits de la femme ivoirienne et l’amélioration de ses conditions de vie et de travail. Les violences physiques, psychologiques et sexuelles auxquelles sont exposées les femmes sont de plus en plus répandues du fait de l’impunité, du manque d’infrastructures adéquates dans la prise en charge et le suivi des victimes, du mauvais traitement accordé aux victimes dans les commissariats et gendarmeries.

CPDEFM a en novembre 2019 mené une enquête de sondage des populations abidjanaises sur les violences conjugales. Ladite enquête a révélé un taux de plus de 70% de femmes victimes de violences conjugales dans les ménages ou de violences entre partenaires sexuels.

Devant ce sombre constat et au regard du taux exhorbitant de jeunes filles au chômage, de femmes et jeunes filles victimes de harcèlement sexuel dans les milieux professionnels, universitaires et scolaires, du nombre pléthorique de femmes qui continuent de mourir en couche pour absence d’infrastructures sanitaires, de la question du viol conjugal dont l’actuel code pénal laisse prévaloir une présomption de consentement des époux quand de nombreuses femmes le subissent pourtant dans les ménages, de la non-jouissance du droit à la terre des femmes rurales, CPDEFM réclame de l’Etat ivoirien :

  1. La création d’un Centre d’écoute et d’hébergement pour les femmes victimes de violences conjugales ;
  2. La réforme de l’article 403 alinéa de la Loi n°2019-574 portant Code pénal en ce qu’il contribue à remettre en cause la parole des victimes de viol conjugal et les dissuadent de saisir la justice.
  3. Le renforcement de plus en plus des capacités des forces de défense et de sécurité notamment des policiers et gendarmes sur les questions de genre et de violences faites aux femmes afin que les victimes de violences conjugales ne soient plus renvoyées des commissariats et gendarmeries comme cela continue d’être constaté sur le terrain.
  4. L’imposition des quotas dans les administrations et entreprises à l’embauche et dans les différentes nominations ;
  5. Que les bénéfices du pagne vendu à l’occasion de la célébration du 08 Mars en Côte d’Ivoire soient consacrés à la construction d’hôpitaux et de maternités dans les zones rurales afin que les femmes ne meurent plus en couche ;
  6. Que la parole des jeunes filles victimes de harcèlement sexuel dans les Universités, Lycées et Collèges ne soient plus remis en cause et les auteurs poursuivis devant la Justice et radiés des effectifs du corps enseignant ;
  7. Une réforme de la Loi n° 98-750 du 23 décembre 1998 relative au Domaine Foncier Rural en ce qu’elle reconnait la propriété de la terre en vertu des règles coutumières. Lesquelles sont pourtant défavorables aux femmes du fait de la non-reconnaissance de leur droit à la terre.

 

 

        Fait à Abidjan, le 08 Mars 2020

                                   

                                 Sylvia APATA,

 Secrétaire Exécutive de CPDEFM

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