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 Côte d’Ivoire : Une enquête de l’ONG CPDEFM dévoile un taux de plus de 70% de femmes victimes de violences conjugales à Abidjan

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Devant le constat d’un taux exponentiel de femmes victimes de violences conjugales observé dans les ménages d’Abidjan, l’Organisation des Citoyennes pour la Promotion et Défense des Droits des Enfants, Femmes et Minorités (CPDEFM) a pris l’initiative de mener une enquête de sondage d’opinion des populations à Yopougon et Cocody (les deux communes les plus grandes du District d’Abidjan) afin de mettre en lumière les facteurs explicatifs, les causes profondes de ce fléau et formuler les recommandations à l’endroit de l’Etat ivoirien en vue de sa réduction voire de son éradication. A l’aide donc de questions fermées binaires et de méthode d’entretien direct, nos enquêtrices sont allées au contact de l’échantillon composé d’hommes et de femmes âgés de 25 à 60 ans (avec un accent particulier mis sur les hommes) et de jeunes dont l’âge varie de 18 à 23 ans. La combinaison à la fois de la méthode d’enquête qualitative basée d’une part sur l’entretien semi-dirigé et de la méthode quantitative d’autre part a permis de confirmer que plus de 70% de femmes sont victimes conjugales ou de violences entre partenaires sexuels à Abidjan principalement dans ces deux communes.

L’idée selon laquelle la femme battue doit se maintenir dans le foyer et résoudre le problème à l’amiable, en famille, bien ancrée dans les mentalités, a permis de démontrer le degré élevé de banalisation par les populations abidjanaises des violences domestiques que subissent les femmes.

Les personnes exerçant dans les métiers de l’informel principalement les hommes et les personnes illettrées ont été priorisées lors du déroulé de l’enquête.

A Cocody Palmeraie, l’échantillon a été les personnes exerçant majoritairement en entreprise et dans les administrations publiques. A Cocody Deux-Plateau et à Yopougon, nous avons majoritairement ciblé les personnes exerçant dans l’informel.

Pour ce qui est du niveau d’analphabétisme, nous avons ciblé à Cocody Deux-plateau et Yopougon, les personnes illettrées à grand nombre et, analphabètes et lettrées à petit nombre. A Cocody palmeraie par contre, nous avons interrogé à grand nombre les personnes lettrées et, analphabètes et illettrées à nombre très réduit.

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De la présente enquête, il ressort que :

  • 41% des femmes contre 39% des hommes sondé-e-s considèrent que recevoir une gifle de son conjoint ou partenaire ne peut être considéré comme une violence conjugale ;
  • 72% des hommes contre 48% des femmes affirment qu’une femme battue ne doit en aucun cas se séparer du conjoint ou partenaire violent parce que ce dernier a payé la dot à sa famille;
  • 82% des hommes contre 72% des femmes dissuadent la femme battue de saisir la justice pour obtenir gain de cause au prétexte que le faire est de nature à exposer le conjoint violent et à fragiliser la famille ;
  • 37% d’hommes et 35% de femmes soutiennent que le mari dispose du sexe de sa femme, qu’on ne peut parler de viol entre deux personnes unis par un lien et vivant sous le même toit ;
  • Tant bien même qu’il existerait un lien de sang avec la victime, 70% des hommes contre 57% des femmes considèrent que leur sœur battue doit se maintenir dans le foyer et prier pour que leur mari devienne meilleur ;
  • 40% des hommes contre 24% des femmes ne mesurent pas l’impact des violences conjugales sur les enfants du ménage ;
  • 27% des hommes contre 14% des femmes interrogé-e-s affirment qu’une femme irrespectueuse mérite d’être battue par son conjoint ou partenaire ;
  • Cent (100) personnes interrogées sur la connaissance de cas de féminicides signalent vingt-cinq (25) cas de femmes tuées à Abidjan sous les coups d’un conjoint. La commune de Yopougon est en effet celle où il est signalé plus de cas de féminicides (12 cas sur les 25) soit un taux de 48%. A Cocody deux-Plateau, il a été fait mention de plus de six (6) cas soit plus de 24%.

 

| Cliquez sur le lien pour accéder à l'intégralité du Rapport d'enquête de sondage d'opinion :Enquete de sondage d opinion sur les violences conjugales a abidjan cpdefmEnquete de sondage d opinion sur les violences conjugales a abidjan cpdefm (2.21 Mo) 

 

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